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Tout ce qu'il faut savoir pour bien accueillir les voyageurs en véhicule aménagé

L’agence a pour mission le conseil et l’accompagnement des porteurs de projets touristiques sur le territoire drômois, y compris les collectivités locales. Ainsi, nous mettons à votre disposition diverses informations utiles pour optimiser l'accueil de voyageurs en véhicules aménagés : camping-cars, fourgons aménagés, vans, ...

Route de la Lavande en camping-car
L. Pascale / Drôme Attractivité

Accueil de véhicules aménagés : de quoi parle-t-on ?

Quelques chiffres sur le marché des véhicules de loisirs

Le voyage en véhicule aménagé n’a jamais été aussi présent dans les paysages français. Camping-cars, fourgons aménagés, vans, véhicules 4×4 aménagés, camions d’expédition, tentes de toit, caravanes, véhicules auto-aménagés ou équipés de kits amovibles : les pratiques se diversifient. Selon les chiffres évoqués lors de la journée Vanlife & Territoires (mai 2026 – Grenoble), la France compte environ 660 000 véhicules de loisirs immatriculés, tandis que le parc européen dépasse les 6 millions d’unités. Ces chiffres ne prennent pourtant en compte ni les véhicules auto-aménagés, ni les kits amovibles, ni les tentes de toit, ni une partie importante des nouveaux usages qui échappent encore aux statistiques officielles. Le terme de vanlife est de plus en plus fréquemment utilisé pour caractériser des voyageurs aux profils variés dont les motivations fondamentales sont similaires : liberté de mouvement, autonomie, spontanéité, proximité avec la nature, découverte des territoires. Les différences apparaissent davantage dans les équipements et dans les usages.

Par ailleurs, « en seulement une décennie, le parc européen de camping-cars a doublé. Estimé à près d’1 500 000 véhicules de loisirs en 2015, il flirte aujourd’hui avec les trois millions. Autant dire que la question de l’accueil de ces touristes itinérants est une priorité. Au rythme actuel d’environ 160 000 nouvelles immatriculations en Europe chaque année, la question du bon accueil des camping-caristes devient centrale. Avec un taux d’occupation moyen de 2,5 personnes par véhicule, il y a environ 1,6 million de camping-caristes en France et 7,4 millions en Europe. » Source : uni VDL.

La dépense quotidienne moyenne d’un camping-cariste est estimée à 56 € par jour, dont 88 % seraient dépensés dans les commerces locaux (alimentation, restaurants, loisirs…). Source : Camping-car Park.

Aires d’accueil / stationnement ou aire de service : quelles différences ?

L’aire de stationnement (ou aire d’accueil camping-cars) se distingue d’un simple parking par le fait qu’elle offre aux camping-caristes les conditions requises pour passer la nuit ou la journée. Une aire de stationnement est donc une aire d’accueil qui permet aux voyageurs itinérants de faire une étape dans leur parcours. Elle n’a pas pour vocation d’accueillir les camping-cars sur une longue durée (24 à 48h maximum). Un maillage entre une aire de stationnement en périphérie et quelques places réservées en centre-ville (matérialisées au sol) constitue une solution très satisfaisante pour les camping-caristes.

Cette aire spécialement aménagée pour accueillir ce type de véhicule doit être située dans un endroit calme, paysager, arboré, à proximité des commerces et services, et des points d’intérêts de la ville ou du village. Elle peut offrir également des tables et bancs pour pique-niquer et parfois des aires de jeux pour les enfants. Ces aménagements peuvent être utilisés également aussi bien par les riverains que par les autres touristes par exemple.

Il convient de distinguer :
– l’étape de jour, qui doit se situer au plus près du centre-ville, de l’Office de Tourisme et des commerces, sur une zone spécifique de parking qui peut leur être réservée avec des emplacements adaptés à la taille de leur véhicule (payante le cas échéant) ;
– l’étape de stationnement nocturne qui est un endroit calme, mais pas trop isolé pour des questions de sécurité et situé dans un cadre agréable. Une aire de stationnement nocturne, idéalement d’une capacité de stationnement pour 3 ou 4 camping-cars, avec une signalétique appropriée, ne réclame pas d’aménagement particulier (pas d’eau, pas d’électricité), les camping-cars ayant une autonomie en énergie. Des poubelles à proximité et une table de pique-nique sont un plus.

L’aire de service ou aire technique peut être assimilée à une station-service. C’est une installation simple, efficace, avec un espace de manœuvres suffisant, et fonctionnelle qui permet de :
– Vidanger leurs eaux usées « grises » (eaux savonneuses de toilette et de vaisselle) et leurs eaux « noires » (cassette WC avec additif pour décomposer et désodoriser),
– Faire le plein d’eau potable (les besoins sont de 50 à 100 litres tous les 2 ou 3 jours),
– Déposer ses ordures (conteneurs de tri…).
Elle doit être placée dans un endroit facile d’accès et visible facilement à partir d’une voie principale. Des installations sportives, des services techniques communaux, une halte nautique…etc. peuvent côtoyer avantageusement une aire de services pour camping-cars.
Une aire de service n’est pas destinée au stationnement. A savoir, il n’y a pas de norme commune aux constructeurs de camping-cars pour l’emplacement des dispositifs d’écoulements des eaux grises ou noires.
– Il est possible d’équiper un parking d’une borne multiservices (avec points d’eau, vidoir, éventuellement électricité), mais il est envisageable de créer une aire de services sans pour autant proposer une solution de stationnement. Le risque est alors de voir un ou deux véhicules squatter pour la nuit une aire réservée uniquement aux services, surtout s’il y a une prise électrique.
– Les services (eau et vidange) peuvent être fournis par l’intermédiaire soit d’une borne artisanale (cimentée et comprenant une grille de vidange et un robinet d’eau), soit d’une borne de type industriel.
– Aire gratuite ou payante ? Il n’y a pas de règle absolue ; l’aménageur est libre de décider d’un paiement du service ou non. Il lui faudra bien avoir en tête les charges en fourniture d’eau et en entretien de l’aire, ainsi que les risques vis-à-vis des périodes de restrictions d’eau (sécheresses répétées).
– Paiement par jetons ou pièces ? L’usage des jetons limite le vandalisme, mais exige un ou plusieurs points de vente (bar, épicerie). Inconvénient : ils ne sont pas ouverts en permanence. Avantage : cela favorise les contacts et fait fonctionner le commerce local. Actuellement, des fabricants de bornes proposent un système de paiement par carte bancaire, parfaitement sécurisé.

Une aire de service pour camping-cars peut être mise à disposition des camping-caristes par une structure publique ou privée, mais aussi directement intégrée dans un camping. Cela permet alors au voyageur de bénéficier de toutes les prestations proposées par le camping, comme la piscine, le parc aquatique ou tout autre loisir.

Bon à savoir :

  • La FFCC est la Fédération des campeurs, caravaniers et camping-caristes. Face à une demande en forte croissante et de plus en plus technique en termes de diagnostics, la FFCC a créé le Conseil Accueil Camping-Car (CACC) : une équipe qui intervient tant en conseil qu’en étude pour mener à bien les projets des collectivités afin d’accueillir au mieux les camping-caristes.
  • Le Comité de liaison du camping-car (C.L.C) a notamment pour mission de favoriser le meilleur accueil possible des vans et camping-cars sur le territoire français et diffuse pour ce faire informations et conseils auprès de tous les publics concernés par cette forme de tourisme.

Cadre réglementaire régissant la création d’une aire d’accueil et/ou de service

Une personne privée peut se lancer dans la création d’une aire pour camping-car aussi bien qu’une municipalité ou une société commerciale (terrain de camping). Au préalable, pour l’espace de stationnement, il faut vérifier que le PLU (Plan Local d’Urbanisme), consultable en mairie, n’interdit pas une telle implantation.

La réglementation pour la création d’une aire de stationnement par un particulier peut être assimilée à celle d’un terrain de camping déclaré, ce qui limite à six le nombre d’équipages ou d’emplacements de parking. Il faut alors demander l’autorisation du maire et lui soumettre un plan avec, le cas échéant, les indications de raccordement (eau, électricité, tout-à-l’égout) de la borne de service elle-même et de tous les équipements complémentaires s’il y a lieu (sanitaire, lave-linge …). Pour la création d’une aire de stationnement communale, la municipalité aura les coudées plus franches puisque c’est elle qui réglemente le stationnement, rien ne l’empêche de réserver aux camping-cars un parking sans limitation de places. En revanche, elle pourra, par arrêté, limiter la durée du stationnement.

Les gestionnaires de camping peuvent, sans autorisation spéciale, implanter une borne de service et créer une aire de stationnement sur leur terrain à condition que :

  • le nombre d’emplacements ne dépasse pas 10 % de l’ensemble des emplacements du terrain,
  • chaque emplacement sur sol stabilisé ait une surface minimale de 35 m²,
  • la durée du stationnement soit limitée à une nuitée, renouvelable le cas échéant.

Plusieurs codes régissent l’accueil, la circulation et le stationnement des camping-cars :

  • Le code de la route (le camping-car étant un véhicule),
  • Le code général des collectivités territoriales (pour le stationnement sur la voie publique),
  • Le code de l’urbanisme (le camping-car étant assimilé à la caravane quant au stationnement sur le domaine privé),
  • Le code de l’environnement (le camping-car étant un véhicule à moteur).

Comment équiper une aire de service ?

Son implantation en un lieu à proximité de l’activité commerciale est une garantie de fréquentation. Pour le choix de l’emplacement :

  • privilégier l’utilisation d’infrastructures existantes ;
  • éviter la mixité avec les voitures,
  • veiller aux facilités de manœuvres,
  • assurer accès et dégagement dans un même sens, sans retournement.

Une aire de services peut comprendre 3 à 4 places de stationnement maximum. La durée de stationnement doit être limité à quelques heures, 24 ou 48h pour assurer un turn-over et réduire les nuisances.

De plus, une aire de service que l’on ne trouve pas est un investissement inutile. En terme de signalétique, prévoir des panneaux aux entrées de ville et un guidage jusqu’à l’aire. Pour des questions de lisibilité par le plus grand nombre, un pictogramme est préférable à un texte.

Enfin, une conception bien étudiée, simple, robuste pour un minimum d’entretien, et répondant aux « attentes clients » est un gage de succès.

Vidange des « eaux usées grises »

Les eaux usées sont stockées dans des réservoirs situés sous le plancher du camping-car ; leur vidange s’effectue par des robinets, vannes ou trappes.
L’emplacement du ou des réservoirs varie selon l’aménagement intérieur et les dispositifs de vidange peuvent se situer partout sous les véhicules.
Peu de camping-cars disposent de tuyaux amovibles pour conduire les eaux usées vers un point précis et la vidange est généralement prévue pour être effectuée directement au sol. La bonne solution est donc une aire cimentée assez grande, avec des pentes assez fortes pour diriger les eaux rapidement vers une grille d’écoulement placée approximativement en son centre. Prévoir une grille piège à eau robuste, métallique, en long ou travers (pas de systèmes à plaque ou clapet qui sont voués à la destruction) et répondre à la norme de réseaux séparés (pas de fosses septiques qui n’acceptent pas les produits sanitaires).

Vidange des « eaux noires »

Les camping-cars modernes sont équipés de réservoirs mobiles ou cassettes. Les matières peuvent ainsi être transportées jusqu’à un point de vidange. Ce point peut être un WC public. Prévoir alors une possibilité de nettoyage.
Mais un aménagement spécifique est préférable : vidoir spécialement prévu pour cet usage. Les réservoirs mobiles actuels comportent généralement un bec verseur qui peut être introduit directement dans un tube de réception mail il subsiste des modèles antérieurs dépourvus de ce bec verseur. Le réceptacle de vidange devra donc être assez large. Il peut s’agir d’un simple regard, d’un versoir pvc ou de vidoirs plus élaborés.
L’aire cimentée en pente vers une large grille centrale est la solution la plus adéquate pour vidanger les eaux grises. Elle se complète d’un vidoir pour les eaux noires. L’aire cimentée et le vidoir peuvent être nettoyés par jets d’eau. Prévoir un vidoir rond ou rectangulaire, d’environ 30cm, en position basse et sur le côté du bloc eau potable, ainsi qu’un robinet de rinçage de la cassette et la possibilité de jet de nettoyage automatique.
A noter : certains camping-cars sont équipés de WC avec un réservoir fixe d’une contenance plus grande que les cassettes, mais posant un problème au moment de la vidange, car peu d’aires de services sont équipées pour vidanger ce type de WC (il faut rappeler qu’il est interdit de vidanger des WC chimiques dans un réseau de tout à l’égout).

Ravitaillement en « eau potable »

Il peut être assuré de façon satisfaisante par un simple robinet fileté, où s’adaptera le tuyau que possède tout camping-cariste. Une commande par poussoir évite le gâchis de l’eau. Dans le cas d’un ravitaillement gratuit, l’idéal est un robinet poussoir fileté en 20×27, équipé ou non d’un tuyau.
Robinets simples, ou combinés, ou décorés ou plus sophistiqués, chaque style est possible… Plusieurs fabricants développent des « bornes de services ». Certaines comportent des monnayeurs délivrant de l’eau potable pendant un temps déterminé.
Outre l’approvisionnement en eau potable, il faut prévoir le rinçage des réservoirs mobiles d’eaux noires et le nettoyage de l’aire de service après usage. Il est recommandé de séparer les points d’eau alimentation et nettoyage, afin d’assurer les conditions d’hygiène.
Dans l’idéal, prévoir un robinet fileté ou à poussoir, coté plate-forme, éloigné du rinçage cassette ; et un robinet dédié spécialement au rinçage des cassettes de WC.

Dépôt des ordures ménagères et autres déchets

Les camping-cars sont les seuls véhicules automobiles qui comportent une poubelle, mais elle est généralement petite. Les dépôts seront donc plus volumineux, et tout équipement public prévu pour cet usage conviendra. L’implantation de l’aire de service à proximité d’un point de collecte de tri sélectif est vivement recommandée. Prévoir des poubelles en nombre suffisant selon le système de tri en vigueur et avec un volume adapté.

Autres services

La possibilité d’un branchement électrique peut être un service à penser pour faciliter les recharges de batteries et autres appareils de téléphonie par exemple. Ce service n’est pas nécessaire pour la vocation d’une aire de services de passage, mais la même installation peut être utilisée par les cars de grand tourisme équipés de sanitaires. Seules les dimensions de l’aire de circulation devront être adaptées au gabarit de ces véhicules.

L’éclairage peut être utile pour faciliter une utilisation nocturne de la partie services.

En terme d’informations, les basiques sont souhaitables :

  • Accueil (plan ville, services d’informations, boite à suggestions),
  • Numéros d’Urgences (médecin, vétérinaire),
  • Informations pratiques et touristiques (commerces, transports urbains, restaurants, curiosités, itinéraires pédestres et cyclables…)
  • Implantation des stationnements « étapes liberté » des communes voisines.

Borne artisanale ou industrielle ?

  • Borne artisanale : réalisation locale, adaptée au contexte / style architectural et intégrable dans l’environnement. Consiste essentiellement en une arrivée d’eau avec un ou plusieurs robinets protégés par une construction en dur (muret en ciment). Pour éviter la formation de boue, il est bon de prévoir une petite plate-forme bétonnée sous les robinets (si possible avec évacuation). Conception parfois insuffisante. Entretien à maîtriser. Sa construction est d’un coût modique : 2.3 à 4.6 k€. Associer les acteurs, communes, associations, dans la conception d’un plan idéal.
  • Borne industrielle : tout-en-un, « prêt-à-poser » et facile à mettre en œuvre. Facilite la mise en place d’un paiement. Le plus souvent équipée d’un monnayeur ou d’un système de paiement par carte bancaire, elle intègre en effet un ou plusieurs branchements d’eau propre, deux vidoirs (un pour l’eau usée, l’autre pour les toilettes) et éventuellement une ou plusieurs prises électriques. Il est aisé d’y vidanger les réservoirs mobiles (cassettes de WC), mais elles ne sont pas pratiques pour vider les réservoirs fixes avec vanne de vidange sous le véhicule. Permet une protection gel l’hiver. Équipée d’une borne industrielle, le budget de création d’une aire de service peut atteindre 4.6 à 9.2 k€.
    Quelques fournisseurs possibles : Aire-Services, Urba-Flux / Altekip, Trigano Collectivités, Flot Bleu, …
  • Mixité artisanale-industrielle : il peut être intéressant de prévoir un aménagement artisanal complété d’une borne industrielle.

Les petits plus

Prise en compte de la non-standardisation des véhicules :
· positions différentes des systèmes de vidanges.
· positions différentes de la bouche d’alimentation…

Adaptation aux caractéristiques locales :
· esthétique régionalisée de la base artisanale,
· intégration soignée des bornes industrielles,
· matériaux standards,
· configuration permettant des évolutions futures,
· ajustement aux budgets et possibilités locales.

Céline SAUTRÉ

Accompagnement / Conseil
Tel. : 04.75.82.19.37
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